Nous restons dubitatifs, car les exemples que l'on a eu ont plutôt montré des épaves traînant lamentablement, privés de raison, de discernement, d'énergie, de la prudence la plus élémentaire, et du simple bon sens. Il doit falloir un contexte favorable... ? Décision grave au sujet de l'itinéraire de retour : comme nous dénichons deux places dans un bus direct pour Téhéran vendredi prochain, nous sommes tentés de sauter l'étape Isfahan et de monter passer trois jours à Bamiyan à l'ombre des Bouddhas géants. Hé oui, déjà le temps nous est compté, déjà le voyage n'est plus une plaine infinie, les deniers s'épuisent, le corps aussi... {Décision dont nous ne mesurons pas alors les implications définitives : les Bouddhas disparaîtront dans un avenir proche, et l'Iran deviendra fort difficile d'accès pour longtemps. De fait, nous n'irons peut-être jamais à Isfahan...} Guy partira avec nous, mais pour l'heure, abattu par son traitement anti-amibes, il part se reposer. En fin d'après midi, raid photo dans le centre de la ville. Gérard tente de squinter les femmes afghanes voilées et les fidèles en prière. {La phobie islamiste (ni l'extrémisme terroriste d'ailleurs) n'existant pas encore, les burkhas semblaient alors de jolis vêtements rétrogrades que nous n'avions pas à juger, plutôt que l'incarnation de l'horreur.} Gérard peste tant et plus car il est impossible de réussir une photo naturelle prise sur le vif : toute activité s'interrompt et tous les regards se fixent sur nous dès que nous approchons. {Il faut noter que le « regard du photographe » a lui même changé : il était alors de mise de « saisir la vie sur le vif » plutôt que de plonger son téléobjectif dans les yeux des sujets, comme est aujourd'hui indispensable. } Tomates farcies au « Steak-house » le soir, suivies au retour d'une longue discussion avec Monique et François en compagnie du manager qui fait généreusement circuler joint sur joint. Puis thé du soir avec un autre couple de français qui partent pour un long périple d'une année au moins... Nostalgie qui nous ramène au Havre il y a presque un an... pour nous l'aventure touche bientôt à sa fin. Mardi 29 juin 1976, Bamiyan, Martine Hôtel Marco Polo, 15 afgh. Par personne, sommaire Encore un lever matinal pour faire les bagages. Nous devrions pourtant en avoir pris l'habitude, mais c'est toujours une longue opération. On retrouve Guy vers 6 h 45 à l'hôtel Korazan où doit venir nous cueillir le bus. ½ heure d'attente sans parvenir à se faire servir le plus petit café dans le vaste restaurant qui jouxte l'hôtel. Guy rouspète et déclare qu'il y a de quoi le mettre de mauvais poil pour toute la journée... Joyeuse perspective ! Enfin arrive le minibus, déjà chargé de 5 bons vieux touristes... quelques arrêts inexpliqués dans la ville, puis vers 8 h c'est enfin le départ. Que de temps morts. Le chemin s'annonce long : on nous a annoncé 7 heures. Ça commence par 1 h ½ de route goudronnée dans un
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