Puis, sur le chemin du retour, d‘autres pics énormes, de la taille d’une corneille noire, et des myriades de singes haut perchés (spider-monkeys, singes-araignées dit un naturaliste croisé), qui peu sauvages s’approchent de nous en acrobaties au bout de leur queue puissante et préhensile. Nous apercevons aussi de fort beaux toucans, immenses becs jaune et noir, mais ceux-ci sont nettement plus méfiants. La visite aura duré à peine plus de trois heures, que déjà nous devons repartir pour ne pas rouler trop longtemps de nuit. Arrivée vers 19 h à Monja Blanca, où abstraction faite des magnifiques blattes, on est très bien. Le soir, Martine et moi allons en bagnole à Florès {tiens les Franchetti nous prêtaient leur auto ?}. Coup de chance, on y retrouve nos deux français rencontrés à Bélize. On discute fort tard, et on rentre juste avant que l’électricité ne soit coupée. (Groupe électrogène). {C’est l’une des constantes fortes du voyage, en ce temps là, que de retrouver au hasard du temps et des lieux des routards avec qui on avait partagé du temps, des surprises, des découvertes et des idées. Les routes d’intérêt, les routes praticables n’étaient donc pas si nombreuses… En fait, la plupart des « routards » se fiaient à deux ou trois guides généraux : le tout nouveau « Guide du routard », bible des franchouillards, et ses inévitables alter-ego anglophones. Ça défrise quelque peu l’impression d’exploration, mais ces rencontres sont bien agréables.} Mercredi 26 décembre, Florès, Gérard. Pension Universal, correct, 1$ par tête. Au réveil, changement de décor. D’abord il ne fait pas beau. Ensuite, ils ont décidé qu’on ne part plus à Rio Dulce, mais qu’on va voir les ruines de Seibal, à 70 km sur une autre route. Départ vers 9 h. La route est d’abord bonne, pis de plus en plus dégueulasse. On prend en stop un guatémaltèque avec un disque d’embrayage sous le bras, et Adriana lui demande dans son italespagnol le nom de tous les arbres qu’on croise ! Carlo conduit comme un taureau et racle la bagnole tant et plus. On finit par arriver à Sayaxche vers 11 h ; on s’aperçoit que le réservoir d’essence est percé. On prend un bac immonde pour aller faire réparer à une station Shell… pas de mécano à la station. Je tente le savon de Marseille, vieille recette de mon père, qui s’avère très efficace. De là, on loue une barque (une lancha) 20 $ pour 6 (il y a deux autres touristes pommés dans ce coin) pour aller déguster les ruines de Seibal, le long du Rio de la Pasion avec nos deux suisses-allemands dont l’un est très sympa et a déjà roulé sa bosse dans tous les pays possibles, plus quelques autres. Il est en Amérique depuis une semaine après quelques jours à Rome, au Caire et à Francfort. Le voyage dure 2 h, et on s’arrête le long du fleuve en pleine forêt, tout le monde se disant : « il fallait vraiment savoir que c’était là ! ». {Pas un sentier visible, pas une pancarte le long de ce fleuve bordé de forêt tropicale impénétrable.} Une heure de marche dans cette magnifique forêt où se pressent les palmiers à huile, et d’autres arbres inconnus dont les plus remarquables présentent ces racines très plates dans un plan vertical et mesurent carrément 30 m de haut. (Des fromagers ?). A l’étage inférieur, des fougères, des lianes, du bois pourri… Les ruines sont assez humbles, mais il y a près d’une dizaine de stèles magnifiquement conservées, très délicatement gravées. Photos. Le soleil est revenu entre temps. {En 1975, les glyphes Mayas n’étaient pas décryptés et leur récit restait un mystère absolu. On savait vaguement qu’il pouvait y avoir là une sorte de calendrier…}
Carnet
Belize, Guatemala, Honduras
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