nous guider vers les temples, nous accompagner en trek, trouver le fameux « Dhulikhel lodge » apparemment le seul… Dont le proprio est sympa. Il nous file une piaule « avec vue sur le massif » (dissimulé sous des monceaux de nuages), mais qui est en photo dans tous les couloirs. Bois massif, moustiquaires percées, pas de draps ni de taies d’oreiller. On casse la graine frugalement d’une omelette. Puis on part à l’assaut de la colline voisine, d’où la vue serait certainement grandiose sans cette brume omniprésente. Le temps est beau, pourtant. On a tout loisir d’observer le travail des champs, et les paysans qui charrient à la méthode sherpa toutes sortes de choses : achats du marché, fourrage, animaux… tous sont très chargés et apparemment fort démunis. Presque tous les gosses et quelques adultes aussi nous réclament de l’argent. On donne des cigarettes et des cachets d’aspirine à une femme âgée venue nous parler. Je la photographie à la dérobée, avec mauvaise conscience. Toutes les femmes ont de nombreux et lourds bijoux à leurs oreilles criblées de trous dilatés par la charge. Et parfois au nez aussi. Au retour, nous prenons un thé au lodge, puis retournons à la découverte du village, moins sale que la capitale, mais moins coquet aussi. Petit temple sur la place. Les maisons sont hautes, et faites de briques. Nous sortons du village au coucher du soleil, mais aucun sommet n’est visible. A titre de compensation, de très beaux paysages de rizières. Le soir venu, dans la salle commune où d’épaisses nattes recouvrent les tables basses, sans chaises, on nous sert à la tibétaine un ragoût de pommes de terre et de choux, sorte de ratatouille, dans des soucoupes individuelles ; c’est accompagné d’une platée de riz blanc et d’une fine galette grillée, et c’est très bon. Et c’est parti pour une nuit qu’il faudra disputer aux moustiques malgré une purge stalinienne et un sérieux ravaudage des moustiquaires. On s’endort en rigolant à l’évocation du « gourou-clown » qui a égayé la salle commune, roulé dans un grand sari, l’air absent, se livrant à de savantes incantations avant de déglutir son riz… Dimanche 13 juin, Kathmandu, Martine La nuit n’a pas été excellente. De longues batailles avec les moustiques nous ont tenus éveillés de longues heures {nous comptions bien sur la « nivaquine », encore en usage dans ces années, pour nous protéger de la malaria}. Mauvaise surprise ce matin en ouvrant les volets : le paysage est plus opaque encore que la veille. Pas question d’apercevoir les montagnes, tout au plus les premières collines. De plus Gérard ne tient pas la Grande Forme ! On déjeune puis on prend le car ou plutôt les deux cars, car dès le bled suivant, il faut changer, pour rentrer à Kathmandu. C’est interminable : presque deux heures pour une trentaine de kilomètres ! Comme toujours, le chauffeur recrute à pleine voix tant que son véhicule n’est pas archi-plein : grands cris du « rabatteur » et concert de Klaxon. Retour en rickshaw, et Gérard se met au lit illico. Fièvre et estomac se tortillant comme un python. Pendant qu’il s’accorde un somme, je vais manger au restaurant suisse, d’où je lui rapporte
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